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Compositeur

Antonio Vivaldi, le prêtre roux et les quatre saisons du monde

Dominio público / Domaine public · Wikimedia Commons

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Venise l'appelait il Prete Rosso, le prêtre roux. Violoniste vertigineux, pédagogue des orphelines de la Pietà, fournisseur infatigable de concertos, Vivaldi a inventé une musique où l'on entend le vent, la pluie et les chiens qui aboient. Il suffit d'écouter.

Les virtuoses de la Pietà

Né à Venise en 1678, fils d'un violoniste de Saint-Marc, Antonio est ordonné prêtre mais célèbre rarement la messe, sa santé fragile lui servant d'excuse et la musique de vocation véritable. Pendant des décennies, il enseigne à l'Ospedale della Pietà, institution qui recueille des jeunes filles abandonnées et en fait des musiciennes dont l'Europe entière vient admirer les concerts, donnés derrière des grilles.

Pour cet orchestre unique, Vivaldi écrit des centaines de concertos, inventant au passage bien des gestes du style concertant moderne : l'énergie des rythmes, le dialogue du soliste et de la masse, la couleur. Bach lui-même, à Weimar, transcrit ses partitions pour en percer les secrets. On ne saurait mieux dire l'influence du Vénitien. Sans la Pietà et ses musiciennes, rien de tout cela n'aurait vu le jour.

Quatre concertos et quatre sonnets

Publiées à Amsterdam en 1725 en tête du recueil Il cimento dell'armonia e dell'inventione, Les Quatre Saisons sont un cas unique : chaque concerto suit un sonnet, probablement de la main du compositeur, et la musique en illustre chaque vers, du chant des oiseaux au claquement de dents de l'hiver. C'est de la musique à programme un demi-siècle avant la lettre.

Oublié après sa mort à Vienne en 1741, dans un dénuement presque complet, Vivaldi fut ressuscité au vingtième siècle, et Les Quatre Saisons sont devenues la page la plus enregistrée du répertoire. Loin de l'user, cette gloire l'a ouverte aux dialogues : ainsi avec les Saisons portègnes d'Astor Piazzolla, où Buenos Aires répond à Venise, tango contre tempête. Deux villes portuaires, deux siècles, un même art de peindre le temps qu'il fait dans les âmes.

Sur Allegro Spatial, retrouvez Les Quatre Saisons, données en miroir des Saisons portègnes de Piazzolla.

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