À l’Opéra d’État de Vienne, Claus Guth relit le dernier chef-d’œuvre de Puccini avec Asmik Grigorian, Jonas Kaufmann et Kristina Mkhitaryan, sous la direction de Marco Armiliato.

Claus Guth relit le dernier chef-d’œuvre de Puccini
À l’Opéra d’État de Vienne, Claus Guth propose une relecture puissante et contemporaine de Turandot, le dernier chef-d’œuvre de Giacomo Puccini. Portée par une distribution exceptionnelle réunissant Asmik Grigorian, Jonas Kaufmann et Kristina Mkhitaryan, et par la direction flamboyante de Marco Armiliato, cette production de 2023 transforme l’opéra monumental en un drame psychologique intense et profondément humain.
Avec cette production de Turandot, l’Opéra d’État de Vienne s’éloigne résolument des clichés exotiques traditionnellement associés à l’œuvre de Puccini. Le metteur en scène Claus Guth transforme l’opéra en un drame de chambre à haute intensité psychologique, explorant les zones d’ombre des personnages et les mécanismes de la peur, du pouvoir et du désir.
Asmik Grigorian : une princesse glaciale et vulnérable
Asmik Grigorian signe une prise de rôle remarquée dans le personnage de Turandot. Saluée unanimement par la critique internationale, elle incarne une princesse tourmentée, à la fois glaciale et vulnérable. Sa performance vocale impressionne par l’éclat des aigus, la maîtrise du legato et la profondeur expressive, révélant une héroïne complexe, loin des archétypes traditionnels.
Jonas Kaufmann en Calaf, Kristina Mkhitaryan en Liù
Face à elle, Jonas Kaufmann fait ses débuts dans le rôle de Calaf. Loin du conquérant héroïque habituel, il propose un portrait plus intériorisé et sensible du prince étranger. Son interprétation du célèbre air « Nessun dorma » séduit par la finesse du phrasé, la noblesse du timbre et l’intensité émotionnelle. Kristina Mkhitaryan incarne une Liù bouleversante, apportant une dimension de tendresse et d’humanité à cette figure sacrificielle. Sa ligne de chant lumineuse et expressive contraste avec la dureté du monde qui l’entoure.
Marco Armiliato et la splendeur orchestrale de Puccini
À la tête de l’orchestre de la Wiener Staatsoper, Marco Armiliato déploie toute la splendeur orchestrale de Puccini. Sa direction met en valeur la richesse des couleurs, la tension dramatique et la sensualité de l’écriture, offrant une lecture à la fois spectaculaire et profondément théâtrale. Le spectacle, mis en scène par Claus Guth, dure 2h22.



