Christoph Waltz signe la mise en scène de Fidelio au Theater an der Wien, sous la direction de Manfred Honeck. Fermé par la pandémie, le théâtre a été transformé en studio de cinéma pour préserver la production.

Fidelio, l’unique opéra de Beethoven, mis en scène par Christoph Waltz
Fidelio ou l’amour conjugal (Fidelio oder die eheliche Liebe), opéra en deux actes avec musique de Ludwig van Beethoven (1770-1827) sur un livret en allemand de Joseph F. Sonnleithner, d’après le texte original en français de Jean-Nicolas Bouilly. L’équipe artistique réunit Christoph Waltz (mise en scène), Barkow Leibinger (scénographie), Judith Holste (costumes) et Henry Braham (éclairage), avec le Chœur Arnold Schönberg. À l’occasion du 250e anniversaire de la naissance du génial Beethoven, l’acteur autrichien et oscarisé Christoph Waltz a été engagé pour la mise en scène de la nouvelle production de Fidelio, au Theater an der Wien.

Le Theater an der Wien, où Beethoven fut compositeur en résidence
Là-bas, dans l’un des plus anciens théâtres d’opéra de Vienne, Beethoven fut ce qu’on appellerait aujourd’hui un « compositeur en résidence ». Et ce fut à deux titres : il y vécut pendant deux ans dans un appartement situé dans une aile du bâtiment. Et c’est ici qu’il créa nombre de ses œuvres orchestrales les plus célèbres, ses symphonies et son unique opéra, Fidelio. Deux des trois versions furent interprétées pour la première fois au Theater an der Wien, en 1805 et en 1806.

Un escalier en double hélice pour symboliser la prison
Dans sa troisième production lyrique, Waltz met en scène de manière brillante la deuxième version de l’opéra dans l’impressionnante scénographie conçue par le cabinet d’architecture germano-américain Barkow Leibinger. Le paysage abstrait de l’escalier en forme de double hélice, qui symbolise la prison, prolonge l’espace vers le fond du théâtre et se transforme à l’infini grâce au concept d’éclairage cinématographique de Henry Braham, collaborateur régulier d’Hollywood. Le tout est sublimé par la convaincante création des costumes de Judith Holste.
Honeck dirige une distribution magnifique et polyvalente
Manfred Honeck, à la tête du dynamique Orchestre symphonique de Vienne et du Chœur Arnold Schönberg (Roger Díaz, chef de chœur), dirige une distribution magnifique et polyvalente de chanteurs « vocalement exceptionnels » : Nicole Chevalier, qualifiée de « l’une des cantatrices les plus passionnantes du moment », captive vocalement et dramatiquement lors de ses débuts scéniques dans le rôle de Leonore, tandis qu’Eric Cutler prête à Florestan une voix puissante. Christof Fischesser, Gábor Bretz, Mélissa Petit, Benjamin Hulett et Károly Szemerédy complètent cette solide distribution.
Une production jamais créée sur scène, préservée pour la postérité
Cependant, la production, dont les billets s’étaient épuisés des mois auparavant, n’a jamais été créée sur scène, car, malheureusement, le Theater an der Wien a dû fermer ses portes quelques jours plus tôt en raison de la pandémie de COVID-19. Grâce aux efforts incroyables de tous les participants, le théâtre d’opéra s’est transformé en studio de cinéma en un temps record pour que la « convaincante mise en scène » de Christoph Waltz de la fervente supplique musicale de Beethoven en faveur de la liberté et de l’humanité puisse être préservée pour la postérité.



