
Brillant exemple du grand opéra français, porté par les voix prestigieuses de Benjamin Bernheim et Olga Peretyatko, sous la direction musicale de Kent Nagano. Les Contes d’Hoffmann est un opéra en trois actes avec prologue et épilogue composé par Jacques Offenbach (1819–1880), sur un livret français de Jules Barbier, inspiré de la pièce Les Contes fantastiques d’Hoffmann écrite par Barbier et Michel Carré à partir des récits d’E. T. A. Hoffmann. Cette production de l’Opéra d’État de Hambourg réunit Kent Nagano à la tête de l’Orchestre Philharmonique d’État de Hambourg et du Chœur de l’Opéra d’État de Hambourg, préparé par Eberhard Friedrich. La mise en scène est signée Daniele Finzi Pasca, également responsable de la conception lumière avec Marzio Picchetti. La scénographie est assurée par Hugo Gargiulo, les costumes par Giovanna Buzzi et la chorégraphie par Maria Bonzanigo. Sur le plan vocal, Benjamin Bernheim et Olga Peretyatko dominent une distribution de tout premier plan, complétée par Angela Brower, Luca Pisaroni et Andrew Dickinson. Le 18 mai 1879, Jacques Offenbach convia plusieurs personnalités influentes, parmi lesquelles les directeurs de l’Opéra-Comique de Paris et de la Hofoper de Vienne, à un concert privé au cours duquel furent présentés de nombreux extraits achevés des Contes d’Hoffmann. Si l’œuvre suscita un vif intérêt, Offenbach ne put toutefois la terminer.
En août 1880, il confia à sa fille les détails de son travail, laissant entendre que plusieurs parties essentielles restaient inachevées. À sa mort, le 5 octobre 1880, la famille annonça néanmoins que l’opéra était pratiquement achevé et que des indications détaillées d’orchestration existaient. Ernest Guiraud, déjà auteur des récitatifs de Carmen en 1875, fut chargé de finaliser la partition pour la scène. Grâce à son intervention, Les Contes d’Hoffmann furent créés le 10 février 1881 à l’OpéraComique de Paris, avant d’être présentés quelques mois plus tard, le 7 décembre 1881, dans leur première version allemande. Le centenaire de la mort d’Offenbach déclencha une véritable vague de nouvelles productions, consacrant définitivement cette œuvre comme la plus profonde et la plus accomplie du compositeur. Offenbach, souvent surnommé le « roi de l’opérette parisienne », révèle ici une facette plus lyrique, dramatique et fantastique de son art. L’inspiration mélodique y atteint un sommet, soutenue par une écriture harmonique subtile et raffinée. Tour à tour sérieux, sensible, tendre ou ironique, le compositeur y déploie toute la richesse expressive de son langage musical. Aujourd’hui encore, Les Contes d’Hoffmann figurent parmi les piliers du répertoire lyrique international et demeurent l’opéra le plus célèbre et le plus joué d’Offenbach.


