Le pianiste japonais Mao Fujita, dirigé par Charles Dutoit, joue le Concerto pour piano n° 2 de Saint-Saëns, encadré par Berlioz, Debussy et Ravel dans un programme entièrement français au Festival de Verbier.

Un programme entièrement français à Verbier
Suite à son excellent récital en solo lors de l’édition 2024 du Festival de Verbier, le jeune et exceptionnel pianiste japonais Mao Fujita s’est placé sous la direction du Suisse Charles Dutoit, accompagné par l’Orchestre du Festival de Verbier, pour interpréter l’une des grandes œuvres concertantes de Camille Saint-Saëns (1835-1921), son Concerto pour piano n° 2 en sol mineur, Op. 22.
En prélude, Dutoit et l’orchestre proposent l’Ouverture « Le Carnaval romain », Op. 9 d’Hector Berlioz (1803-1869). Complètent ce programme entièrement français deux œuvres orchestrales : La Mer, de Claude Debussy (1862-1918), et le célèbre Boléro de Maurice Ravel (1875-1937).

Le Concerto n° 2, probablement le plus célèbre de Saint-Saëns
L’œuvre centrale de ce programme est le Concerto pour piano n° 2 en sol mineur, op. 22, de Camille Saint-Saëns, composé en 1868 et probablement le plus célèbre des concertos du compositeur. Saint-Saëns a fini par mépriser l’œuvre de Debussy et de Stravinsky (entre autres) et est souvent considéré comme un compositeur conservateur, voire réactionnaire.

Un Saint-Saëns défenseur de l’aile progressiste
Pourtant, au début et au milieu de sa carrière, Saint-Saëns a défendu l’aile la plus progressiste de la musique contemporaine (notamment Schumann, Wagner et Liszt), et sa propre musique était souvent très originale dans sa forme. Ce Concerto en sol mineur en est un exemple.
Rubinstein, huit concerts et un concerto en dix-sept jours
Le grand pianiste russe Anton Rubinstein, l’un des amis de Saint-Saëns les mieux introduits dans le milieu musical, est venu à Paris au printemps pour une série de huit concerts, tous dirigés par Saint-Saëns. Avant la fin de cette série, Rubinstein a décidé qu’il souhaitait également faire ses débuts de chef d’orchestre à Paris lors de ce voyage, avec Saint-Saëns comme soliste.
La date la plus pratique n’étant plus qu’à trois semaines de là, Saint-Saëns s’est mis au travail et a achevé ce concerto en 17 jours. Il en a donné la création le 13 mai, sous la direction de Rubinstein.



