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Compositeur

Sergueï Rachmaninov, le dernier des romantiques

Dominio público / Domaine public · Wikimedia Commons

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Deux mètres de silhouette, des mains immenses, une mélancolie d'exilé : Rachmaninov intimidait autant qu'il émouvait. Sa musique, elle, n'a jamais cessé de parler directement au cœur, ce que la mode lui a longtemps reproché ; le public, lui, ne s'en est jamais plaint.

De la Russie perdue

Né en 1873 dans une famille de la noblesse russe désargentée, formé au Conservatoire de Moscou, Rachmaninov connaît un désastre fondateur : l'échec de sa Première Symphonie en 1897 le plonge dans un long silence. C'est un médecin hypnotiseur, le docteur Dahl, qui l'aide à retrouver confiance : le Deuxième Concerto, qui lui est dédié, jaillit de cette guérison et conquiert le monde.

La révolution de 1917 le jette sur les routes avec les siens. Il ne reverra jamais la Russie. Devenu l'un des pianistes les plus admirés de son temps, il partage sa vie entre l'Amérique et la Suisse, composant peu mais avec quelle intensité : chaque œuvre de l'exil porte le parfum des bouleaux perdus, jusqu'à sa mort en Californie, en 1943.

Le concerto mal-aimé

Créé à Philadelphie en 1927 et dédié à son ami le compositeur Nikolaï Medtner, le Quatrième Concerto déconcerta : trop moderne pour les fidèles du Deuxième, trop romantique pour les modernes. Rachmaninov le remit deux fois sur le métier, jusqu'à la version de 1941, nerveuse et concentrée, où passent des éclats de jazz et une inquiétude toute nouvelle. L'accueil fut froid, et la blessure, chez ce grand timide, profonde.

Il fallut des interprètes convaincus pour révéler ce chef-d'œuvre en clair-obscur. Mikhail Pletnev est de ceux-là : sous ses doigts, l'œuvre cesse d'être une curiosité pour devenir ce qu'elle est, la confession la plus secrète d'un homme entre deux mondes. C'est cette lecture que nos caméras ont eu le privilège de fixer pour vous. Une soirée rare, à savourer comme on rouvre une lettre longtemps restée cachetée.

Sur Allegro Spatial, retrouvez le Concerto pour piano n° 4 par Mikhail Pletnev ainsi que l'ensemble de ses concertos.

Rachmaninov sur Allegro Spatial

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