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Il n'a pas trente-cinq ans et les orchestres les plus convoités du monde se le disputent. Derrière le phénomène, il y a surtout un musicien : un violoncelliste devenu chef, qui parle aux orchestres avec une économie de gestes et une gravité rares à son âge.
Né à Helsinki en 1996 dans une famille de musiciens, Klaus Mäkelä grandit le violoncelle à la main et entre tôt dans la légendaire classe de direction de Jorma Panula, à l'Académie Sibelius, pépinière d'où sont sortis tant de grands chefs finlandais. De cette école, il garde le culte de la clarté : peu de mots en répétition, un geste lisible, la partition pour seule autorité.
Sa carrière s'emballe avec une vitesse inédite : chef principal du Philharmonique d'Oslo en 2020, directeur musical de l'Orchestre de Paris en 2021, puis l'annonce qui stupéfia le monde musical, son élection par l'Orchestre royal du Concertgebouw, bientôt suivie de celle de Chicago. Quatre capitales de la musique, un seul agenda. Les sceptiques annonçaient l'essoufflement ; les orchestres, eux, n'ont fait que prolonger leur confiance.
À Amsterdam, la rencontre avec le Concertgebouw a produit d'emblée des soirées mémorables, que nos caméras suivent fidèlement : ce son doré de la Grote Zaal, mis au service d'un chef qui écoute plus qu'il n'impose, et que les musiciens ont choisi eux-mêmes, séduits dès les premières répétitions. Il faut voir, dans ces captations, les regards échangés entre le podium et les pupitres : tout y est déjà dit de cette entente rare.
Bruno Monsaingeon, qui filma Glenn Gould, Richter et Menuhin, a consacré à Mäkelä son documentaire Vers la flamme : le portrait d'un jeune homme sans pose, entre partitions annotées et vols de nuit, filmé par le plus musicien des cinéastes. Voir travailler ce chef, c'est comprendre pourquoi les orchestres, qui ne se trompent guère, lui ont ouvert leurs pupitres. Le film le confirme : rien, chez lui, n'est laissé au hasard, hormis l'essentiel.
Sur Allegro Spatial, retrouvez ses concerts avec le Concertgebouw ainsi que Vers la flamme, le documentaire de Bruno Monsaingeon.