À pas moins de quatre-vingt-sept ans, le chef indien Zubin Mehta a pris la tête de l'Orchestre philharmonique de Berlin en 2023 pour offrir un programme purement orchestral en trois parties depuis Les Rencontres Musicales d'Évian, festival dont la direction artistique est assurée par Renaud Capuçon. Le programme débute par la Symphonie n° 41 « Jupiter » de Mozart, suivie de l'ouverture de Genoveva de Schumann, et s'achève sur la Symphonie n° 4 de Tchaïkovski.
Ces deux symphonies, séparées par près d'un siècle, incarnent chacune un sommet de leur époque. Composée durant l'été 1788, la « Jupiter » demeure le testament symphonique du maître salzbourgeois : elle éblouit par sa perfection formelle et son magistral finale en forme de fugue, comme si Mozart avait voulu réconcilier l'héritage de Bach avec les exigences de la forme sonate.
En 1877, la Quatrième Symphonie de Tchaïkovski marque un tournant dans la musique russe. Composée dans une période de profonde détresse personnelle, elle plonge l'auditeur dans les tourments de l'âme. Dominée par le motif implacable du « Destin », elle se déploie comme une confession intime et poignante, du scherzo pizzicato à l'exaltation fiévreuse du finale.