

Le Hongrois Gergely Madaras, désigné « Chef d'orchestre de l'année 2025 » lors des Bartok Radio Awards, se révèle au sommet de son art lorsqu'il dirige Les Préludes de son compatriote Franz Liszt, ou qu'il s'associe à Sunwook Kim, pianiste sud-coréen lauréat des Concours Clara Haskil et de Leeds, pour le Concerto pour piano n° 4 de Beethoven. Le programme s'achève sur la Symphonie n° 6 « Pathétique » de Tchaïkovski.
Les Préludes (1854) est une œuvre fondatrice du poème symphonique, genre que Liszt inventa et baptisa. Librement inspirée de Lamartine, la pièce s'interroge sur le sens de l'existence : l'amour, la lutte, la tempête et le triomphe. Liszt y déploie sa « transformation thématique », par laquelle un unique motif se métamorphose sans jamais perdre son identité.
Le Quatrième Concerto de Beethoven subvertit les attentes du genre concertant : loin de la démonstration de virtuosité, il propose un dialogue intime et presque opératique entre soliste et orchestre. Enfin, la « Pathétique » de Tchaïkovski, créée neuf jours avant la mort du compositeur, rompt avec la tradition en s'achevant sur un Adagio lamentoso qui s'éteint dans le silence.