Au Festival de Salzbourg 2024, Gustavo Dudamel et le Wiener Philharmoniker consacrent un programme à Richard Strauss : les Vier letzte Lieder avec la soprano Asmik Grigorian, puis Eine Alpensinfonie.

Dudamel et le Wiener Philharmoniker, tout Strauss à Salzbourg
Au Festival de Salzbourg 2024, Gustavo Dudamel retrouve le Wiener Philharmoniker pour un programme exclusivement consacré à Richard Strauss. Ce concert exceptionnel unit la profondeur lyrique des Vier letzte Lieder à l’ampleur symphonique d’Eine Alpensinfonie, offrant une plongée immersive dans l’univers du maître munichois. La soprano est Asmik Grigorian.
Vier letzte Lieder : crépuscule, résignation et transcendance
Le programme s’ouvre sur les Vier letzte Lieder (Quatre derniers lieder), composés en 1948, à la toute fin de la vie de Richard Strauss. Ces adieux musicaux, orchestrés avec une sensualité inégalée, explorent les thèmes du crépuscule, de la résignation et de la transcendance. Asmik Grigorian, soprano lituanienne acclamée sur les scènes internationales, y déploie une intensité émotionnelle rare.
Sa voix, à la fois puissante et nuancée, « savoure sans effort les envolées lyriques de Strauss et se complaît dans ses cantilènes aux vastes horizons » (BR Klassik). Chaque lied devient une méditation sur la beauté éphémère, portée par une diction impeccable et une présence scénique bouleversante.
« savoure sans effort les envolées lyriques de Strauss et se complaît dans ses cantilènes aux vastes horizons »BR Klassik
Eine Alpensinfonie : une randonnée alpine de l’aube au crépuscule
Après cette expérience intime, l’orchestre enchaîne avec Eine Alpensinfonie (1915), l’une des œuvres les plus spectaculaires du répertoire post-romantique. Cette symphonie à programme, véritable fresque sonore en un mouvement, décrit une randonnée alpine de l’aube au crépuscule.
Gustavo Dudamel, dont la direction allie précision architecturale et élan vital, révèle toute la palette expressive du Wiener Philharmoniker. L’interprétation, « d’un réalisme saisissant » (Opera Online), fait entendre le vent dans les cimes, l’orage qui gronde, le chant des oiseaux et le silence des sommets, dans une progression dramatique magistralement construite.
Un orchestre viennois dans le Großes Festspielhaus
Le Wiener Philharmoniker, formation d’exception dont la tradition remonte à 1842, incarne ici l’idéal sonore straussien : cordes soyeuses, cuivres éclatants, bois d’une clarté cristalline. Sous la baguette de Dudamel, l’ensemble déploie une cohésion remarquable, servant à la fois la grandeur épique et les détails les plus subtils de la partition.
Filmé par Dick Kuijs pour Unitel, en coproduction avec SWR, ARTE et le Festival de Salzbourg, ce concert bénéficie d’une prise de son et d’image d’une rare qualité. Le cadre prestigieux du Großes Festspielhaus, temple de la musique classique, confère à cette performance une dimension historique.

