Miguel da Silva joue la Sonate « Arpeggione » de Schubert dans une version pour alto et orchestre à cordes, avec l’Orchestre royal de chambre de Wallonie dirigé par Vahan Mardirossian, qui explore aussi deux symphonies de jeunesse de Mendelssohn.

Un instrument inventé en 1823, entre guitare et violoncelle
À mi-chemin entre la guitare et le violoncelle, un fascinant instrument inventé en 1823 par le luthier autrichien Johann Georg Stauffer et appelé arpeggione est rapidement tombé en désuétude, probablement en raison de la difficulté de jouer ses six cordes avec un archet. Son nom aurait également pu tomber dans l’oubli si Franz Schubert (1797-1828) n’avait pas composé la Sonate « Arpeggione » en 1824.

Mardirossian, da Silva et l’orchestre de chambre de Wallonie
Le brillant Orchestre royal de chambre de Wallonie, dirigé par son titulaire, l’Arménien Vahan Mardirossian, propose ici une version pour alto et orchestre à cordes, avec Miguel da Silva en soliste. Il est accompagné de l’Ouverture en ut mineur pour orchestre à cordes du même compositeur. L’orchestre (re)découvre également deux des symphonies de jeunesse de Felix Mendelssohn (1809-1847) : la Symphonie pour cordes n° 3 en mi mineur et la Symphonie pour cordes n° 6 en mi bémol majeur.

La Sonate D. 821, l’une des rares pages pour arpeggione
La Sonata Arpeggione ou Sonate pour arpeggione et piano en la mineur D. 821 (Sonate für Arpeggione und Pianoforte, en allemand) est une sonate lyrique pour arpeggione et piano-forte en trois mouvements, composée par Franz Schubert (1797-1828) à Vienne en Autriche en novembre 1824, publiée à titre posthume en 1871. Cette sonate est une des seules compositions importantes connues pour arpeggione (ou guitare-violoncelle, ou guitare à archet, ou guitare d’amour) instrument à six cordes.
Schubert en 1824 : une sonate écrite à la fin de sa vie
Cette sonate postérieure à ses sonates pour violon et piano de jeunesse de 1816, et contemporaine de son Quatuor à cordes n°14 « La Jeune Fille et la Mort » de 1824, est composée à la fin de la vie de Schubert, en pleine période romantique allemande du XIXe siècle (dont Franz Schubert est un des maîtres) alors qu’il souffre d’un stade avancé de la syphilis (les premiers signes remontent à 1822) avec des épisodes dépressifs de plus en plus fréquents, avant de disparaître prématurément à l’âge de 31 ans en 1828.
Une commande pour Vincenz Schuster, vite suivie de l’oubli
Il s’agit très probablement d’une commande de son ami Vincenz Schuster, guitariste affirmé, virtuose de l’arpeggione (inventé l’année précédente). Cet instrument fut très peu utilisé et vite oublié, à cause de la difficulté de jouer de ses 6 cordes. Il n’en existe à ce jour qu’une douzaine d’exemplaires dans le monde (copies comme originaux). Il est probable qu’elle ait été interprétée pour la première fois avant la fin de 1824 chez Schuster, avec Schubert au piano.



