
La Matinée de Noël de l'Orchestre royal du Concertgebouw d'Amsterdam a fêté ses cinquante ans en 2025. Klaus Mäkelä y dirige un concert empreint de nuances crépusculaires et de récits de contrées lointaines. Traditionnellement, cette matinée est le domaine réservé du chef titulaire : les symphonies de Mahler par Bernard Haitink et les concerts d'opéra de Riccardo Chailly y ont acquis un statut quasi légendaire.
Mäkelä offre les fabuleuses histoires des Mille et Une Nuits dans la sensuelle Shéhérazade de Rimski-Korsakov, où le violon solo traverse l'œuvre comme un fil d'or. Composée en 1888, avec ses magnifiques mélodies et sa large palette de couleurs orchestrales, elle est devenue l'œuvre la plus populaire de son auteur — au point que Debussy en reprit un passage presque sans modification dans La Mer et Daphnis et Chloé.
Moins connue mais tout aussi captivante, l'œuvre qui ouvre le programme est le poème symphonique Lydische Nacht d'Alphons Diepenbrock, considéré comme le plus important compositeur néerlandais de la fin du romantisme. L'atmosphère y est profondément romantique, les mélodies passionnées et l'orchestration éblouissante ; stylistiquement, cette page de 1912 est clairement postwagnérienne.


