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Concert · Prochaine diffusion vendredi 6 novembre · 22:10

La Quatrième de Beethoven : une symphonie sereine, qualifiée de « grecque » par Schumann

Beethoven : Symphonie n° 4 – Staatskapelle Berlin, Daniel Barenboim

Enregistrée sans public pendant l’Année Beethoven 2020, la Quatrième Symphonie jouée par la Staatskapelle de Berlin sous la direction de Daniel Barenboim est une œuvre plus sereine et équilibrée, tournée vers le XVIIIe siècle.

Au programmeLudwig van Beethoven : Symphonie n° 4 en si bémol majeur, op. 60. Staatskapelle de Berlin
Beethoven : Symphonie n° 4 – Staatskapelle Berlin, Daniel Barenboim · photo 1
Beethoven : Symphonie n° 4 – Staatskapelle Berlin, Daniel Barenboim · Photographies : © Monika Rittershaus

Une Année Beethoven 2020 bouleversée par la pandémie

Avec l’interprétation des symphonies n° 4, 5, 6 et 8 de Ludwig van Beethoven (1770-1827), la Staatskapelle de Berlin, sous la direction de son chef principal Daniel Barenboim, rend hommage au génial compositeur, dont le nom devait être célébré en 2020 pour commémorer le deux cent cinquantième anniversaire de sa naissance, avant que cette Année Beethoven 2020 ne devienne un événement marqué par la pandémie qui, bien sûr, a bouleversé le monde de la musique comme jamais auparavant. C’est pourquoi cette version de la Symphonie n° 4 en si bémol majeur, op. 60, a été enregistrée sans public dans la salle.

Beethoven : Symphonie n° 4 – Staatskapelle Berlin, Daniel Barenboim · photo 2
Beethoven : Symphonie n° 4 – Staatskapelle Berlin, Daniel Barenboim · Photographies : © Monika Rittershaus

Une des symphonies les moins jouées, née d’une rencontre avec un comte

Au sein de son corpus symphonique transcendant, la Symphonie n° 4 en si bémol majeur, op. 60, est l’une des moins jouées et des moins appréciées du maître de Bonn. Elle fut composée en 1806 grâce au comte Franz von Oppersdorff, un parent du protecteur de Beethoven, le prince Lichnowsky, qu’il rencontra lors d’un voyage de la cour à la résidence d’été des Lichnowsky. Pendant son séjour, le comte organisa une rencontre pour faire la connaissance de Beethoven, qui s’y trouvait pour prendre quelques jours de repos en compagnie de son bon ami.

Beethoven : Symphonie n° 4 – Staatskapelle Berlin, Daniel Barenboim · photo 3
Beethoven : Symphonie n° 4 – Staatskapelle Berlin, Daniel Barenboim · Photographies : © Monika Rittershaus

Une commande généreuse, une dédicace et l’effectif orchestral habituel

Von Oppersdorff, qui avait entendu la Deuxième Symphonie, lui offrit une belle somme d’argent pour la composition d’une nouvelle symphonie. La dédicace de l’œuvre est donc faite au « noble comte silésien Franz von Oppersdorff ». Composée en quatre mouvements, elle fait appel à l’effectif orchestral habituel, avec cordes, bois par deux, cors, trompettes et timbales.

Un retour apparent vers Haydn : la « symphonie grecque » de Schumann

Avec la création de sa Symphonie Héroïque, Beethoven avait déjà complètement déconstruit le modèle de la symphonie classique ; cependant, dans cette Quatrième, on assiste à une régression apparente vers le modèle symphonique du XVIIIe siècle, vers le Haydn le plus génial, ce qui s’apprécie particulièrement dans les deux derniers mouvements. C’est une œuvre plus sereine et équilibrée, peut-être moins inquiétante, ce que Schumann considérait comme très peu romantique, car par sa tranquillité et sa pureté classique, il la qualifiait de « symphonie grecque ». Cependant, on y trouve toujours une écriture beethovénienne bien affirmée et caractéristique.

InterprètesDaniel Barenboim. Staatsoper Unter den Linden, Berlin. 2020

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