01 · L'œuvre
Trois Chinoises et un voyageur
Un salon, quelque part dans une Chine imaginée depuis Vienne. Lisinga, jeune femme de la noblesse, s'ennuie avec ses deux amies, Sivene et Tangia. Son frère Silango rentre d'Europe. Il a vu Paris, ses théâtres, ses modes, et il s'invite dans le cercle des femmes, ce que l'usage chinois, tel que Métastase l'imagine, interdit. Puisqu'on ne peut le renvoyer sans scandale, on décide de passer le temps ensemble. Quel divertissement choisir ? Chacun défend le sien, et chacun le joue.
Lisinga se fait Andromaque et tient une scène de tragédie. Sivene et Silango rêvent une pastorale, berger et bergère, et l'on comprend vite que le jeu n'en est pas tout à fait un. Tangia, qui aurait bien voulu Silango pour elle, prend le parti de la comédie et brosse le portrait d'un petit-maître parisien devant son miroir. Le trait vise Silango, et Sivene au passage. On convient que chaque genre a ses défauts ; on choisira donc la danse. Le quatuor final ouvre sur un ballet.
Un peu plus d'une heure de musique, sans entracte. Gluck y passe en revue les styles de son temps, le tragique, le pastoral, le bouffe, avec une légèreté qui n'exclut pas la tendresse. Le programme de l'Opéra Royal parle d'un « Gluck d'avant l'Orfeo » : c'est le mot juste. Rien encore de la réforme, mais déjà le sens du théâtre et de l'économie.
02 · La musique
La partition, numéro par numéro
L'œuvre est brève et son plan se lit d'un coup d'œil. Une sinfonia en trois mouvements, un long récitatif qui expose la situation, puis quatre airs, un par personnage, et un quatuor. Chaque air est une parodie affectueuse d'un genre : la scène tragique pour Lisinga, la pastorale pour Silango et Sivene, la comédie pour Tangia.
- SinfoniaTrois mouvements. L'ouverture est la seule page purement instrumentale avant le ballet.
- Récitatif« E ben, stupide e mute ». Les trois femmes, puis l'arrivée de Silango. Dix minutes de dialogue où tout se met en place.
- Scène tragiqueLisinga en Andromaque : récitatif accompagné « Ferma, crudele », puis l'air « Prenditi il figlio ! » en si mineur, sans da capo. Le sommet dramatique de la partition.
- PastoraleSilango : « Son lungi e non mi brami ». Sivene lui répond : « Non sperar, non lusingarti ». Deux airs de berger et de bergère, où les sentiments affleurent sous le costume.
- ComédieTangia : « Ad un riso, ad un'occhiata ». Le portrait du dandy parisien, mimé devant un miroir imaginaire.
- Quatuor« Voli il piede in lieti giri ». Sur un rythme de polonaise, les quatre personnages appellent la danse. Le ballet suit.
L'effectif est celui d'un orchestre de chambre : flûtes, hautbois, cordes et continuo. À Schlosshof, en 1754, on y ajouta des couleurs de fantaisie, et c'est un témoin de l'orchestre qui le raconte : voir la création.
03 · La création
Schlosshof, 24 septembre 1754
Le château de Schlosshof, dans la plaine du Marchfeld entre Vienne et Bratislava, appartenait alors au prince Joseph Frédéric de Saxe-Hildburghausen, feld-maréchal de l'Empire et mélomane, qui entretenait son propre orchestre. En septembre 1754, il y reçoit l'impératrice Marie-Thérèse et la famille impériale pour trois jours de fêtes, restées dans les mémoires comme les dernières grandes fêtes baroques d'Autriche. Marie-Thérèse achètera le domaine peu après.
Pour l'occasion, le maître de chapelle du prince, un certain Gluck, quarante ans, met en musique un livret de Métastase vieux de près de vingt ans. Le Cinesi est donné le 24 septembre dans le théâtre du château. Sur scène, quatre chanteurs de la cour : la grande contralto Vittoria Tesi, pour sa dernière apparition à la scène, en Lisinga ; Theresia Heinisch en Sivene ; Katharina Starzer en Tangia ; le ténor Joseph Friebert en Silango. Un ballet de Joseph Starzer, Le Jugement de Pâris, prolonge le quatuor final.
Un jeune violoniste de l'orchestre, Carl Ditters, le futur Dittersdorf, a raconté la soirée dans ses mémoires. Le décorateur Quaglio avait imaginé une scène « transparente » : des tiges de verre prismatique, polies en Bohême et trempées dans des huiles colorées, prenaient la lumière des lampes placées derrière. Et l'orchestre, pour faire chinois, s'était garni de clochettes, de triangles et de petits tambours. L'impératrice fut conquise. Selon la tradition, Gluck reçut cent ducats et une tabatière d'or ; surtout, il reçut l'attention de la cour. Le Burgtheater reprend l'ouvrage l'année suivante et Vienne ne lâchera plus le compositeur.
04 · Le compositeur
Gluck avant Orphée
Christoph Willibald Gluck naît le 2 juillet 1714 à Erasbach, dans le Haut-Palatinat, fils d'un garde forestier. Il étudie à Prague, puis à Milan auprès de Sammartini, et c'est en Italie qu'il donne ses premiers opéras, à commencer par Artaserse en 1741. Londres l'accueille en 1745-1746 ; il y rencontre Haendel, qui ne sera pas tendre avec lui. Suivent des années de tournées avec la troupe Mingotti, avant Vienne, où il épouse en 1750 Maria Anna Bergin, fille d'un riche négociant. Il n'aura plus à courir les théâtres pour vivre.
Au début des années 1750, il entre au service du prince de Saxe-Hildburghausen comme chef de son orchestre. C'est à ce titre qu'il écrit Le Cinesi pour les fêtes de Schlosshof. Le succès de 1754 lui ouvre les portes du Burgtheater, où le comte Durazzo, intendant des théâtres impériaux, l'engage ; en 1756, le pape Benoît XIV le fait chevalier de l'Éperon d'or, d'où le « chevalier Gluck ».
La suite est plus connue : Orfeo ed Euridice en 1762, Alceste en 1767 et sa préface manifeste, puis Paris, à partir de 1774, où son ancienne élève viennoise, devenue dauphine puis reine de France, le soutient contre vents et piccinnistes. Iphigénie en Aulide, Armide, les deux Iphigénie. Il meurt à Vienne le 15 novembre 1787. Le Cinesi est l'une des rares partitions à nous montrer le Gluck d'avant, celui qui s'amuse.
05 · Le livret
Métastase et son livret
Pietro Metastasio, dit Métastase, est le poète officiel de la cour de Vienne depuis 1730 et le librettiste le plus mis en musique du siècle. Le Cinesi est chez lui une œuvre de circonstance. Il l'écrit en 1735 pour Antonio Caldara, et pour un usage privé : trois rôles de femmes, joués par les archiduchesses elles-mêmes. La future impératrice Marie-Thérèse, dix-huit ans, y tenait Lisinga. Dix-neuf ans plus tard, elle assiste à Schlosshof à la version de Gluck, de l'autre côté de la rampe.
Entre-temps, le livret a changé. En 1749, à la demande du castrat Farinelli, qui régnait sur les spectacles de la cour d'Espagne, Métastase ajoute un rôle d'homme, Silango, le frère revenu d'Europe. Nicola Conforto met cette nouvelle version en musique à Madrid en 1751. C'est elle que Gluck reprend en 1754, avec ses quatre personnages. Le texte est en italien, sur des vers où la légèreté est un art.
Le genre ? Métastase et Gluck disent « componimento drammatico ». On dit aujourd'hui volontiers azione teatrale, par opposition à la festa teatrale des grandes solennités : une pièce de salon, faite pour un soir et pour un cercle.
06 · Les rôles
Les quatre personnages
| Lisinga | Jeune femme de la noblesse chinoise. Mezzo-soprano. Elle prend le parti de la tragédie et joue Andromaque, dans une scène dont Gluck fait le cœur grave de l'ouvrage. Créée par Vittoria Tesi. À Versailles : Juliette Mey. |
| Sivene | Amie de Lisinga. Soprano. Elle défend la pastorale et chante la bergère face à Silango, dont elle est éprise. Créée par Theresia Heinisch. À Versailles : Sarah Charles. |
| Tangia | Amie de Lisinga. Mezzo-soprano. Elle choisit la comédie et croque un petit-maître parisien ; sa jalousie envers Sivene perce sous la satire. Créée par Katharina Starzer. À Versailles : Flore Royer. |
| Silango | Frère de Lisinga, de retour d'Europe. Ténor. Il apporte les manières de Paris et le trouble amoureux. Rôle ajouté au livret en 1749. Créé par Joseph Friebert. À Versailles : Abel Zamora. |
07 · Le lieu
Le Théâtre de la Reine
Il se cache dans les jardins du Petit Trianon, à l'écart des allées où passent les visiteurs. Marie-Antoinette le commande à son architecte Richard Mique en 1777, à l'emplacement d'une serre de Louis XV ; le chantier court de l'été 1778 à l'été 1779 et la salle est inaugurée en 1780. La reine voulait un théâtre à elle, pour y jouer avec ses proches, loin de l'étiquette du château.
Vu de la salle, tout est marbre, or et velours bleu. Vu de près, presque tout est bois, plâtre et carton-pâte, peint et doré par les ateliers des Menus-Plaisirs, qui savaient faire vite et pour pas cher. Le plafond, Apollon entouré des Grâces et des Muses, est une copie du XIXe siècle de la toile de Lagrenée. La salle est minuscule ; la scène, elle, est celle d'un vrai théâtre, avec sa machinerie à plans, ses dessous et ses cintres, conçue par le machiniste de l'Opéra, Pierre Boullet. Cette machinerie est arrivée jusqu'à nous, intacte et en état de marche. On n'en connaît guère d'autre exemple pour le XVIIIe siècle.
Épargné à la Révolution, remis en état sous Louis-Philippe en 1836, restauré à nouveau dans les années 1930 puis en 2001, le théâtre ne s'ouvre au public que rarement, par petits groupes, tant sa fragilité impose de précautions. Y donner un opéra, avec orchestre, chanteurs, changements de décors à vue et caméras, tient de l'événement. C'est ce qui s'est passé les 26 et 27 juin 2026.
08 · Les décors
Les décors que l'on voit à l'image
Charles Di Meglio n'a pas fait construire de décor. Il a fait jouer ceux du théâtre, ce qui est plus rare et, pour le spectateur, plus étonnant : les changements se font à vue, par la machinerie d'origine, manœuvrée par la brigade des machinistes du Théâtre de la Reine, sous l'autorité du conservateur en chef Raphaël Masson et du chef machiniste Démis Boussu.
Trois décors se succèdent. La « Chambre de Sander », toile de fond peinte en 1774 par Sageret, peintre des Menus-Plaisirs, d'après Louis-René Boquet, pour le deuxième acte de Zémire et Azor de Grétry ; l'atelier de Versailles, avec Pasquale Mascoli, en a réalisé une copie et complété la décoration, châssis, ferme et frise, pour la production. Une « Forêt » de Pierre-Luc-Charles Ciceri, peinte en 1836 pour la remise en état du théâtre sous Louis-Philippe. Et le « Temple de l'Amour », reconstitué en 2006 par Antoine Fontaine d'après les dessins de Pierre-Adrien Pâris pour le ballet L'Amant sylphe de 1783.
Pour la Chine de fantaisie, deux accessoires ont été créés en 2026 : des vases d'après des modèles de la collection de porcelaines de Dresde, et une statue de l'empereur Qianlong d'après le biscuit de Sèvres de 1776 attribué à Le Riche. Les costumes viennent du vestiaire de l'Opéra Royal : ceux de La Fille du régiment, Polifemo, David et Jonathas et Don Giovanni signés Christian Lacroix, ceux de Richard Cœur de Lion signés Camille Assaf. Les lumières sont de Charles-Édouard Soudan.
09 · La reine
Marie-Antoinette et Gluck
Les deux histoires se croisent deux fois. À Vienne d'abord, où Gluck, compositeur en vue de la cour depuis Le Cinesi, compte parmi les maîtres de musique des archiduchesses ; la jeune Marie-Antoinette apprend avec lui le clavecin et la harpe. À Paris ensuite, où la dauphine, mariée en 1770, fait venir son ancien maître. Gluck arrive en novembre 1773 ; Iphigénie en Aulide est créée à l'Opéra le 19 avril 1774, avec le soutien actif de la future reine, qui applaudit ostensiblement et impose la mode de Gluck contre celle des Italiens. Elle lui fera verser une pension.
Au Théâtre de la Reine, à partir de 1780, Marie-Antoinette joue elle-même. Sa « troupe des seigneurs » réunit le comte d'Artois, Vaudreuil, les Polignac ; la reine se réserve les soubrettes et les bergères. Elle est Colette dans Le Devin du village de Rousseau en septembre 1780, Rosine dans Le Barbier de Séville de Beaumarchais en août 1785, la dernière représentation de l'Ancien Régime sur cette scène. On y donne Grétry, Sacchini, Paisiello, et Gluck. Que Le Cinesi y soit chanté deux siècles et demi plus tard n'est donc pas une incongruité : c'est un retour.
10 · La direction
Andrés Gabetta
Violoniste et chef argentin, né en 1976, frère aîné de la violoncelliste Sol Gabetta. Formé à l'École Reine Sofía de Madrid, puis à Bâle, à la Musikhochschule et à la Schola Cantorum Basiliensis, il appartient à cette génération de musiciens pour qui le violon baroque et le violon moderne sont un même instrument. Il joue un Pietro Guarneri de Venise de 1727.
Avec sa sœur, il fonde en 2011 la Cappella Gabetta, ensemble sur instruments d'époque avec lequel il enregistre chez Sony ; les Concertos brandebourgeois lui valent une nomination aux Grammy. Depuis 2017, il est le partenaire régulier de Cecilia Bartoli, sur disque comme en tournée. Pour Le Cinesi, il est au pupitre : chef d'orchestre, sans violon en main, pour tenir ensemble la fosse et la scène du Théâtre de la Reine. Le label Château de Versailles Spectacles a publié en 2024 leur disque « Prime Donne » avec Marina Viotti, un programme que les téléspectateurs d'Allegro Spatial connaissent.
Dans Le Cinesi, son travail vise les couleurs de l'orchestre classique naissant, celui de 1754, plus proche de Sammartini que de Mozart : cordes légères, hautbois et flûtes en relief, clavecin au continuo.
11 · La mise en scène
Charles Di Meglio
Comédien et metteur en scène, Charles Di Meglio est l'un des rares praticiens français du théâtre baroque au sens strict : déclamation restituée, gestuelle codifiée des XVIIe et XVIIIe siècles, éclairage à la bougie quand le lieu le permet. Formé au conservatoire du XVIe arrondissement de Paris, il découvre cette pratique auprès d'Eugène Green et se perfectionne à Toronto, chez Opera Atelier. En 2006, il fonde la Compagnie Oghma, installée en Dordogne, avec laquelle il monte Racine, Scarron, Molière, les Sonnets de Shakespeare, les Fables de La Fontaine. Il dessine lui-même les costumes de ses spectacles.
À Versailles, on l'a vu mettre en scène Didon et Énée de Purcell dans la Galerie des Glaces en 2024. Le Cinesi est sa première production pour le Théâtre de la Reine, conçue pour ce théâtre et pour celui de Ludwigsburg, où le spectacle a été repris en juillet 2026. Son parti pris tient en une phrase : ne pas chercher dans la comédie de Métastase une profondeur qu'elle n'a pas, et jouer à fond la théâtralité. Les personnages se déguisent, changent de décor à vue, se regardent jouer. Le public est complice.
12 · La distribution
Les chanteurs
Juliette Mey, Lisinga. Mezzo-soprano, née à Toulouse en 2000. Passée par la Maîtrise du conservatoire de Toulouse et le pôle baroque, puis par le Conservatoire de Paris, elle est lauréate en 2022 du Jardin des Voix de William Christie, qui l'emmène en tournée dans The Fairy Queen. Révélation lyrique des Victoires de la musique classique 2024. Rossini (Cenerentola, Isaura dans Tancredi), Monteverdi, Rameau (Junon dans Platée). Son Andromaque, sobre et sans surcharge, a été saluée à Ludwigsburg.
Sarah Charles, Sivene. Soprano parisienne, formée au conservatoire du XVIIIe arrondissement, à la Sorbonne et à la Maîtrise Notre-Dame de Paris. Membre de l'Académie de l'Opéra Royal, promotion 2023-2025, elle y a chanté Belinda dans Didon et Énée et enregistré son premier disque, consacré à Boismortier. Elmira dans Sosarme de Haendel, Filia dans Jephté de Carissimi.
Flore Royer, Tangia. Mezzo-soprano, diplômée du Conservatoire de Paris en 2024. Soliste de l'Académie de l'Opéra Royal, promotion 2023-2025, puis de l'Académie de l'Opéra-Comique. Talent ADAMI 2024, débuts à l'Opéra de Paris dans Les Brigands d'Offenbach. La comédie lui va ; c'est elle qui tient l'air du petit-maître.
Abel Zamora, Silango. Ténor français, formé au Département supérieur pour jeunes chanteurs de Paris et au Conservatoire de Lyon. Académie de l'Opéra-Comique 2023-2024, Académie Jaroussky, Talent ADAMI 2023. Débuts à Toulon en 2022 dans La Périchole ; depuis, Nemorino, Don Ottavio, et Belfiore au festival Rossini de Pesaro en 2025.
Deux des quatre viennent de l'Académie de l'Opéra Royal, créée pour former de jeunes solistes au répertoire baroque et classique dans les conditions de Versailles. Le choix de voix jeunes tient au sujet : Le Cinesi est une pièce de jeunes gens qui s'ennuient et qui jouent.
13 · L'orchestre
L'Orchestre de l'Opéra Royal
Créé en décembre 2019 pour The Ghosts of Versailles de Corigliano, l'Orchestre de l'Opéra Royal est l'orchestre maison de Château de Versailles Spectacles. Il se constitue à géométrie variable, selon les répertoires, autour d'un noyau de musiciens rompus aux instruments anciens, et il est placé sous le haut patronage d'Aline Foriel-Destezet, mécène de l'Opéra Royal. Il enregistre pour le label Château de Versailles Spectacles, élu label de l'année aux ICMA 2022, et son chœur a suivi en 2022.
Pour Le Cinesi, seize musiciens tiennent dans la fosse du Théâtre de la Reine, qui n'en accepte guère plus.
| Violons I | Nikita Budnetskiy, Raphaël Aubry, Anna Markova |
| Violons II | Roberto Rutkauskas, Sophie Dutoit, Léa Roeckel |
| Alto | Alexandra Brown |
| Violoncelle | Claire-Lise Demettre |
| Contrebasse | Nathanaël Malnoury |
| Hautbois | Florian Abdesselam, Michaela Hrabankova |
| Cors | Edouard Guittet, Théo Suchanek |
| Basson | Robin Billet |
| Clavecin | Simon Kalinowski |
| Percussions | Jean-Christophe Cassagnes |
Les percussions ne sont pas dans la partition imprimée. Elles sont dans les mémoires de Dittersdorf, qui décrivent les clochettes, triangles et petits tambours ajoutés à Schlosshof pour la couleur chinoise. Versailles a suivi le témoin.
14 · La captation
En 4K et Dolby Atmos natifs
C'est la première fois qu'un opéra est enregistré en France en 4K et en Dolby Atmos natifs, c'est-à-dire pensé pour ce format dès la préparation, et non converti après coup. La production a été filmée les 26 et 27 juin 2026, sur les deux représentations, par Futur Antérieur Production, en coproduction avec l'Opéra Royal / Château de Versailles Spectacles, avec la participation d'Allegro Spatial et le soutien du Centre national du cinéma et de l'image animée.
La réalisation est d'Olivier Simonnet, à qui l'on doit les films d'Hippolyte et Aricie au Palais Garnier, de Giulio Cesare et d'Orlando, et des portraits de Cecilia Bartoli et de Philippe Jaroussky. Julien Ravoux dirige la photographie, avec cinq cadreurs ; les moyens de tournage sont ceux de HD LOC. Elizabeth Grelier est conseillère musicale. Gabriel Scialom produit.
Le son est l'affaire de Baptiste Chouquet, ingénieur du son et directeur des collections classiques du label bordelais b•records, qui n'enregistre qu'en concert : prise de son avec Clément Gariel et Caroline Christiaens, montage et mixage Dolby Atmos chez Dodecaphone. Pour l'antenne, le master Atmos a été préparé et contrôlé par Simon Derasse au Studio Estrade. L'objectif, tel que Gustavo Vainstein, président d'Allegro Spatial, l'a résumé au moment de l'annonce : le son tel qu'on l'entend dans la salle, l'image telle qu'on la voit du premier rang.
« Le Cinesi est une petite merveille que presque personne n'a vue. Le 27 septembre, elle entre dans les salons. »
Gustavo Vainstein, communiqué du 17 septembre 2026
15 · La signature Allegro Spatial
Les sous-titres explicatifs
Comme tous les programmes de la chaîne, Le Cinesi est accompagné des sous-titres explicatifs qui font la signature d'Allegro Spatial. Au fil de la représentation, quelques lignes situent l'intrigue, signalent l'entrée d'un air, éclairent un détail de la partition ou du décor. Pour un opéra en italien du XVIIIe siècle, chanté sans surtitres dans la salle, c'est la différence entre suivre et comprendre.
Les sous-titres restent brefs et se retirent dès que la musique parle d'elle-même. Ils ne remplacent pas la traduction du texte chanté ; ils la complètent. Le spectateur qui connaît l'œuvre peut les ignorer, celui qui la découvre saura, au moment où Lisinga se lève, qu'elle va jouer Andromaque, et pourquoi.
16 · À l'antenne
Diffusion et rediffusions
| Première | Dimanche 27 septembre 2026 à 20 h 50 |
| Rediffusions | Lundi 28 septembre à 3 h 45 et à 11 h 25 |
| Durée | 1 h 22 avec les génériques |
| Format | 4K UHD 50 images par seconde, Dolby Atmos |
| Langue | Italien, sous-titres explicatifs en français |
| En France | Orange canal 168, Bouygues Telecom canal 164 |
Allegro Spatial est aussi distribuée en Amérique latine. Votre opérateur ne propose pas encore la chaîne ? Écrivez-nous, nous ferons le relais.
17 · Pour aller plus loin
Écouter, lire, comparer
La discographie du Cinesi tient en deux enregistrements. Celui de René Jacobs avec l'orchestre de la Schola Cantorum de Bâle, gravé en novembre 1985 pour Deutsche Harmonia Mundi, avec Anne Sofie von Otter en Lisinga, Isabelle Poulenard, Gloria Banditelli et Guy de Mey, reste la référence. Lamberto Gardelli l'a suivi chez Orfeo en 1989, dans une lecture plus symphonique.
À la scène, l'œuvre revient par petites vagues : Hambourg en 2012, Schlosshof même en 2014 pour les 260 ans de la création, Valence en 2022 sous la direction de Fabio Biondi, Bampton en Angleterre. La production de Versailles est la première en France depuis longtemps, et la première à être filmée dans un théâtre de cour du XVIIIe siècle.
Le livret italien de Métastase se lit en ligne, avec ses didascalies ; l'édition critique de la partition figure dans la Gluck-Gesamtausgabe. Ceux qui veulent voir le Théâtre de la Reine de leurs yeux consulteront le programme des visites du domaine de Trianon, qui propose, certains jours, une démonstration des effets scéniques par les machinistes.