La grande formation tchèque célèbre cette date historique par un concert qui la ramène à ses origines.

• Genre : concert, musique classique, postromantisme, nationalisme, piano, timbales, orchestral.
• Solistes : Ivo Kahánek (piano), Michael Kroutil (timbales).
• Chef d’orchestre : Semyon Bychkov.
• Orchestre : Filharmonie de la République tchèque.
• Année : 2018.
• Lieu : Salle Dvořák, Rudolfinum, Prague.
• Durée : 112 minutes.
La Tchécoslovaquie fut une république d’Europe centrale qui exista de 1918 à 1992, à l’exception de la période de la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle elle fut intégrée au Reich allemand. Le 1er janvier 1993, elle se scinda d’un commun accord et de façon pacifique, revenant à la situation historique antérieure : fondée le 28 octobre 1918 comme l’un des États successeurs de l’Empire austro-hongrois, elle donna naissance à deux pays distincts, la République tchèque et la Slovaquie. Les deux États font partie de l’Union européenne depuis 2004.
Ce concert célèbre le centenaire de la fondation de la Tchécoslovaquie à travers un programme qui renoue avec les racines de l’orchestre : des fragments orchestraux de La Fiancée vendue de Bedřich Smetana (1824–1884) ; le Double Concerto pour deux orchestres à cordes, piano et timbales de Bohuslav Martinů (1890–1959) ; et la Symphonie n°9 « Du Nouveau Monde » d’Antonín Dvořák (1841–1904).
Samedi 4 janvier 1896, 19h30 : voici la date et l’heure exactes du premier concert de la Filharmonie tchèque. Au programme et au pupitre, rien de moins qu’Antonín Dvořák, le plus célèbre des compositeurs tchèques, dirigeant l’orchestre dans ses propres œuvres : la Rhapsodie slave n°3, la création mondiale des Chants bibliques n°1 à 5, l’Ouverture de concert Othello et la Symphonie n°9 « Du Nouveau Monde ». Le tout se déroula au Rudolfinum de Prague, où la plus grande salle de concert porte aujourd’hui le nom de Dvořák.
À sa manière, Bedřich Smetana, l’autre grande figure tchèque du XIXe siècle, est également présent dans l’histoire de ce concert : dès les années 1860, il avait l’intention de créer une tradition de concerts symphoniques pour le public du pays. Sont aussi rappelés les fondateurs de la Société pour le maintien d’un grand orchestre dans la ville de Prague, créée en 1882. Leurs idées prirent forme grâce à la Filharmonie tchèque et à Dvořák qui, ce samedi-là, donna à l’orchestre le meilleur de lui-même avec « honnêteté, courage et une démonstration puissante et évidente de son excellence ».
Le 7 juin 1894, le Bureau du Gouverneur de Prague approuva les statuts fondant officiellement la Filharmonie tchèque : une organisation destinée à améliorer l’art musical à Prague et à créer un système de pensions pour les membres de l’Orchestre du Théâtre National de Prague, ainsi que pour leurs veuves et orphelins. Jusqu’en 1901, la Filharmonie tchèque demeura une activité noble de temps libre pour les musiciens du Théâtre National, qui s’engagèrent à donner au moins quatre grands concerts symphoniques par an, avec des œuvres nationales et internationales. Les recettes étaient versées à un fonds destiné à soutenir les membres ne pouvant plus jouer, ainsi que les familles des musiciens disparus.
L’orchestre poursuivit son développement tout au long du XXe siècle, non sans difficultés au gré de l’Histoire, sous l’impulsion de ses principaux maîtres au cours de plus de 120 ans : Vilém Zemánek, Karel Ančerl, Václav Neumann et surtout Rafael Kubelík. Selon son directeur musical actuel, Semyon Bychkov : « La Filharmonie tchèque fait partie des rares orchestres qui ont su préserver une identité unique. Dans un monde musical de plus en plus globalisé et uniforme, la noble tradition de l’orchestre a conservé l’authenticité de l’expression et du son, en faisant l’un des trésors artistiques du monde. Lorsque l’orchestre et le gouvernement tchèque m’ont demandé de succéder au cher Jiří Bělohlávek, je me suis senti profondément honoré de la confiance qu’ils souhaitaient placer en moi. Il n’y a pas de plus grand privilège pour un artiste que de faire partie d’une institution qui partage les mêmes valeurs, le même engagement et la même dévotion à l’art de la musique ».
Concert| Smetana · Martinů · Dvořák | Filharmonie Tchèque | Semyon Bychkov
Première : Vendredi 20 février à 20h50
Synopsis
Bedřich Smetana : La Fiancée vendue (extraits)
Bohuslav Martinů : Double Concerto pour deux orchestres à cordes, piano et timbales
Antonín Dvořák : Symphonie n°9 « Du Nouveau Monde »
Filharmonie de la République tchèque
Semyon Bychkov – direction
Ivo Kahánek – piano | Michael Kroutil – timbales