Foto: Amoorphotographer · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons
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On ne sort jamais indemne d'un concert de Teodor Currentzis. Adulé ou discuté, le chef grec a rendu à l'exécution musicale une dimension de rite : chaque soirée doit être une première et une dernière fois. Le public, lui, a tranché : il accourt.
Né à Athènes en 1972, formé au violon et à la composition avant d'étudier la direction à Saint-Pétersbourg auprès d'Ilya Musin, le maître de Gergiev et de Bychkov, Currentzis choisit une route que nul n'avait empruntée : c'est à Novossibirsk, au cœur de la Sibérie, qu'il fonde en 2004 son ensemble MusicAeterna, avant de l'installer à Perm, dans l'Oural. Il fallait cette distance pour bâtir, loin des habitudes, un monde à soi.
Loin des capitales, il forge un instrument à sa main : chanteurs et instrumentistes travaillant sans limite d'horaire, répétitions poussées jusqu'à l'obsession, cordes debout, diapasons repensés. De ce laboratoire sortent des enregistrements de Mozart et de Tchaïkovski qui divisent la critique et électrisent le public, et une réputation qui gagne vite l'Europe entière. Le nom de l'ensemble, la musique éternelle, annonçait la couleur : rien de moins que l'absolu.
Chez Currentzis, tout fait sens : la lumière, le silence avant la première note, la disposition de l'orchestre, jusqu'à l'allure de moine rock du chef. On a pu sourire de la mise en scène ; reste que ses Requiem de Mozart ou de Verdi, ses symphonies de Beethoven et de Chostakovitch atteignent une intensité que peu de baguettes contemporaines approchent.
Ses détracteurs lui reprochent l'excès, ses fidèles lui savent gré d'avoir réveillé des œuvres que la routine endormait. Nul ne conteste en tout cas la ferveur de ses musiciens, qui le suivent comme on suit une cause. À l'écran, cette tension est saisissante : les caméras aiment Currentzis, qui le leur rend bien. Chaque captation devient ainsi un document autant qu'un spectacle.
Sur Allegro Spatial, retrouvez les concerts de Teodor Currentzis à l'antenne.